Histoire

La ceinture dorée ?

La proximité de la mer (Manche) et l'influence de la Dérive nord atlantique, prolongement du Gulf Stream, a favorisé l'agriculture maraîchère et en particulier les primeurs, surtout à partir de la 2e moitié du XIXe siècle, lorsque la création du réseau ferroviaire en 1883 a facilité l'acheminement des productions vers les grandes villes et régions de consommation. La richesse du sol (couverture de lœss d'origine périglaciaire recouvrant un plateau granitique) explique aussi pour partie cette agriculture maraîchère. La richesse de sa terre était aussi traditionnellement accrue par l'utilisation d'engrais (goémon) et d'amendements (maërl) marins.

La végétation naturelle ou importée de la Ceinture dorée illustre aussi cette douceur climatique avec la présence de nombreuses plantes sensibles au gel ou de type méditerranéen, voire tropical comme celles du Jardin Georges Delaselle à l'Île de Batz ou du jardin exotique de Roscoff.

L'expression Ceinture dorée est apparue vers 1880, en raison des richesses que procuraient les cultures légumières et florales alors nouvelles qui s'étendirent alors en Bretagne le long des côtes de la Manche, surtout à l'ouest de Saint-Pol-de-Léon.

 

 L'Epopée Gourvennec

saint-pol champ
L'artichaut

L'année 1957 voit naître dans le Léon un mouvement de contestation porté par de jeunes agriculteurs.
Instruits et pour la plupart issus des rangs de la JAC (jeunesse agricole chrétienne). En causes : la désorganisation du marché, les crises de surproduction, le comportement des acheteurs qui font la pluie et le beau temps sur les prix.

Né à Henvic au cœur de la zone légumière Alexis Gourvennec a 20 ans à cette époque. Tribun hors pair et doté d'un pragmatisme à couper le souffle il réussit à mobiliser une « armée de paysans » en leur proposant simplement d'être acteurs de leur propre développement.

En 1958 il prend les rênes du « Comité de l'Artichaut « et en 1960 lors de la Bataille dite de l'Artichaut il convaint les producteurs à ne pas vendre en dessous d'un prix plancher. Les invendus étant voués à la destruction.

Après de nombreuses crises dont la prise de la sous préfecture de Morlaix la SICA (société d'intérêt collectif agricole) voit le jour le 20 janvier 1961 sous la présidence d'Alexis Gourvennec. Une révolution dans ce monde agricole ou la production est désormais vendue aux enchères dégressives via un marché au cadran inspiré du modèle hollandais. Un modèle d'organisation et de développement encore efficient qui a généré, développement, recherche, formation sur un micro territoire et au-delà des frontières départementales.

La SICA de Saint-Pol-de-Léon est une OP (Organisation de producteurs) qui rassemble 1.100 exploitations.

Elle travaille en relation étroite avec deux autres OP bretonnes, l'UCPT (700 adhérents) et Terres de St-Malo (120 adhérents), sous la coordination régionale du CERAFEL.

Ensemble, autour de leur marque commune Prince de Bretagne, ces trois OP ont bâti une organisation régionale forte.

La SICA de St Pol de Léon est le premier groupement français de producteurs de légumes et producteurs horticoles.