Les Enclos Paroissiaux

Enclos paroissial
Enclos paroissial

Une spécificité religieuse :

La notion d'enclos paroissial a été forgée dans notre région. Non que nous en ayons le monopole : que l'église soit entourée d'un cimetière clos est un principe général à la fin du Moyen Âge. Mais ici, l'église et ses annexes ont bien une monumentalité exceptionnelle. Parce que nos enclos ont bénéficié de la prospérité économique de l'âge d'or breton (XVe-XVIIe s.), particulièrement là où l'on fabriquait les toiles de lin.

Oeuvre des artistes et artisans locaux du XVIe au XVIIIe siècle, l'Enclos Paroissial est un ensemble architectural comprenant au sein d'un enclos de pierre, l'église et son clocher, l'ossuaire, le calvaire, le cimetière et une porte triomphale.

L'émulation entre les paroisses, rivalisant entre elles à la recherche du plus beau et du plus somptueux des enclos, ajoutée à la prospérité de l'époque, ont permis aux artistes de s'épanouir et de laisser s'exprimer toute leur créativité et savoir-faire. Sculpteurs, ébénistes, peintres, orfèvres, verriers, brodeurs..., artistes connus ou anonymes, ils ont tous signé là des œuvres d'exception qui ne manqueront pas de vous émerveiller.

Pour en apprendre plus sur les Enclos Paroissiaux, des commentaires audio sont à votre disposition :
www.zevisit.com

 
circuit des enclos
Enclos paroissial

Circuits des Enclos Paroissiaux :

Trois circuits sillonnent le Pays à travers trois boucles de 50 à 70 km chacune, vous présentant les joyaux architecturaux de ses Enclos Paroissiaux

Les Enclos Paroissiaux sont ouverts tous les jours.

Document d'appel gratuit, document avec descriptif détaillé des circuits et rappels historique, économique et religieux : 0.50 € - disponible dans les Offices de Tourisme et Point I.

Télécharger le Circuit des Enclos

 

Nos visites d'Enclos Paroissiaux

 
Berven
Roscoff

Berven

En 1573, sur le site d’une ancienne chapelle dépendant de la paroisse de Plouzévédé la décision est prise de construire une grande chapelle et de l’entourer d’un enclos.

A deux pas d’ici, d’excellents sculpteurs construisent alors le château de Kerjean (Saint-Vougay) dans le goût nouveau de la « seconde Renaissance » française, celle du Louvre, des Tuileries et de Fontainebleau. Berven sollicite les artistes sculpteurs qui ont contribués à la construction du chateau de Kerjean. La construction de l'enclos de Berven s’achève en 7 ans. L’enclos n’a pas d’ossuaire mais il comporte un oratoire extérieur et, au-delà de la place, une fontaine de dévotion. Le décor intérieur de la chapelle est à la hauteur de l’architecture, avec notamment un Arbre de Jessé et un remarquable chœur de 24 stalles clos par un chancel.

 
Lampaul
Roscoff

Lampaul-Guimiliau

Pas moins de 146 tanneries étaient recensées à Lampaul vers 1780 Les bénéfices de cette activité aident à comprendre l’ampleur de cet enclos et l’exceptionnel éclat de sa parure intérieure.

La statue du porche représentant Paul-Aurélien, premier évêque du Léon est éloquente : le sculpteur lui fait l’honneur d’un décor Renaissance alors que le reste du porche est gothique (1533). Le grand clocher culminait à 75 m avant d’être découronné par la foudre en 1809.

Dans un tel environnement, le calvaire peut rester modeste : la porte triomphale en possède un second, au-dessus d’une arche unique. À ses côtés, l’ossuaire atteint le classicisme par la pureté de ses lignes, de ses colonnes et de ses niches décoratives (1667).

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Guimiliau
Guimiliau
 
Roscoff

Guimiliau

L’entrée de l’enclos de Guimiliau se veut modeste, l’église reste d’élévation réduite et tient à garder son petit clocher gothique.

Le grand calvaire (1581-1588) représente les quelque 200 personnages qui relatent la vie du Christ, de l’Annonciation à la Résurrection.

Le grand porche (1606-1617) est pratiquement aussi haut que l’église. L'ensemble, assemblé dans une décoration Renaissance (colonnes, frontons, lanternons...) est porté ici à un très haut niveau de qualité. Adossé au porche, l’ossuaire primitif ; un second ossuaire, doté d’une chaire extérieure, est venu le doubler au coin de l’enclos (1648).

 
Commana
Roscoff

Commana

Nous sommes au pied du clocher le plus haut perché de Bretagne, édifié sur une butte de 280 m. Culminant à plus de 300 m., la cime du clocher n’est pas loin d’approcher les crêtes des Monts d’Arrée.

Cette église aux dehors rudes abrite, dans un contraste baroque, le retable de bois le plus spectaculaire de toute la Bretagne. Sur huit mètres de large et six mètres de haut, les boiseries rouge, brun et or du retable Sainte-Anne (1682) sont d’une exceptionnelle générosité. Sortent également de l’ordinaire le baldaquin des fonts baptismaux (1683) et le retable des Cinq Plaies du Christ. La perfection technique du premier, l’exubérance quasi profane du second sont bien dans la manière des sculpteurs de la Marine de Brest qui mettaient volontiers leur talent, entre deux chantiers de navires, au service des riches paroisses toilières.

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Sizun
Roscoff

Sizun

Un portail d’entrée qui devient un véritable arc de triomphe à l’antique, couronné d’une balustrade et d’un calvaire. Et puis tout à côté, une sirène – ou plutôt une femme-serpent – qui regarde la place depuis l’angle de l’ossuaire. L’enclos de Sizun oscille en permanence entre la solennité et la fantaisie, qui confine parfois à l’étrangeté.

La paroisse a eu recours à l’atelier de Kerjean dont la maîtrise éclate dans la finesse des chapiteaux en kersanton. Sur la façade rougie de l’ossuaire (1585-88), le patron de la paroisse, saint Suliau, donne le départ d’un grave et inhabituel cortège d’apôtres, solennels eux aussi dans leur barbe quasi assyrienne. Dominant l’église, le grand clocher a la noblesse d’un héritier du Kreisker.

 
Locmélar
Roscoff

Locmélar

Sous les dehors modestes d’un petit bourg qui n’était autrefois qu’une trève (annexe) de Sizun, Locmélar porte aussi la marque de riches paysans-marchands de toile.

La vue d’ensemble, depuis la place, ne trompe pas : tout ici paraît exactement proportionné au lieu, depuis la flèche du clocher jusqu’à la sacristie-miniature dont la toiture en carène reprend le modèle de Sizun.

L’intérieur de l’église prolonge le charme. La totalité du chœur est tapissée de trois retables d’une grande richesse. Celui du maître-autel (vers 1675) célèbre bien sûr l’Eucharistie, mais tout autant la vie et le martyre de saint Mélar, car la paroisse vient d’obtenir des reliques de l’enfant aux prothèses d’argent.

 
Saint-Servais
Roscoff

Saint-Servais

Aujourd’hui, l’enclos de Saint- Servais est dominé par la figure de Yan’ Dargent (1824-1899), un enfant du pays qui fit à Paris une carrière de peintre et d’illustrateur tout en restant toujours très attaché au lieu de sa naissance. L’intérieur de l’église et l’ossuaire sont devenus l’écrin de plusieurs de ses oeuvres (peintures et vitraux), soit qu’il les ait réalisées spécialement pour Saint-Servais, soit qu’elles aient été acquises après sa mort.

À la faveur de la prospérité, on dressa un clocher, à double galerie comme il convient en Léon. Puis on restaura le calvaire, on approfondit le choeur et on construisit un ossuaire (1643) dont la porte arbore un décor remarquable, mêlant les motifs de la Renaissance – entrelacs, fuseaux, grotesques – aux premiers angelots baroques.

 
Bodilis
Roscoff

Bodilis

1564, 1570, 1585, 1601 : les dates majeures de l’enclos de Bodilis évoquent d’ordinaire les ruines des guerres de religion. Ici au contraire, elles marquent un moment extraordinairement créateur, où se rejoignent le décollage de l’industrie toilière, la ferveur mariale pour « Notre-Dame de Bodilis » et l’adoption enthousiaste des modèles de la Renaissance.

Le chevet aux rampants ajourés (1564) et surtout un clocher (1570) inspiré du Kreisker de Saint-Pol-de-Léon sont fidèles aux modèles gothiques du genre. Quelques années encore et l’on découvre, grâce au château de Kerjean, une nouvelle manière de bâtir et des décors tout différents : frontons, colonnes baguées, chapiteaux corinthiens, lanternons… conformes aux dernières modes des chantiers royaux. Bodilis va les adopter avec enthousiasme, et l’église gothique va se trouver enveloppée d’une parure Renaissance d’une exceptionnelle profusion.